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"L'art de peindre" par Yahne Le Toumelin [Janvier 2009]
Texte de Yahne le Toumelin pour le Centre Ethique
L’art de peindre est une expérience de vérité que l’on reconnaît à son geste dont apparaît l’empreinte d’amour.
L’arrivée de Fabienne Verdier dans l’art contemporain m’a réjouie par le retour déflagrant du « souffle-esprit » de son « unique trait de pinceau », calligraphie directe de méditation. Elle me semble réanimer la peinture comme je le tente depuis les années 57.
Sinon ce qui grouille sur le marché de l’art relève de la vitalité d’asticots sur un tas de déchets !
Exit sœur Emmanuelle et son élan à rédimer les pires poubelles.
Ces deux amies me sont références suffisantes à la joyeuse ignorance de mes peintures. J’ignore l’inexprimable ! La motivation de peindre pour les enfants de nos monastères augmente le sens. La signification reste celle de la Source de l’esprit, source qui justifie les moyens.
Des grottes de Lascaux à nos jours en effet la spontanéité pure qui jaillit dans l’expression est la seule valeur. Elle éclaire ! non d’électricité mais d’une énergie naturelle victorieuse d’obscurité.
La source d’esprit est essentielle, créativité manifestant la vacuité inépuisable pure de toutes pollutions. Parle de « crise » est une macabre bévue. Retour constant à la case départ, notre vrai capital, notre Royaume sacré dont l’art est témoin intemporel. Acceptons d’être dépassés.
L’ouverture à la source de vie permet la création et elle déborde fraîche, toujours nouvelle. La magie (voir Paracelse) est le grand Art qui transfère à l’être humain les puissances célestes. Où est l’identité d’un méditant transparent à la lumière, dévoilant l’illimité au-delà des formes mentales fabriquées ? Les enlever pour retrouver l’espace d’un fond blanc infini est le secret de ma technique de peindre.
En 1957 ayant épuisé mes fantaisies pseudo-surréalistes, l’expansion de mon inspiration, tel le gaz, s’est fort dilatée. J’ai même en 1969 exécuté 150 m2, 2 mètres à l’heure, en 15 jours, de « tableaux » pour Maurice Béjart.
L’offrande du geste de peindre avec les couleurs de l’arc-en-ciel est une abondance de fertilité variée qui est le don le plus sur-prenant et le plus joyeux.
Je le compare à deux fêtes de notre culture : au Magnificat parce que cette créativité magnifie la vie dans la mesure où nos conceptions ( le mental) restent immaculées d’elles-mêmes ; à Noël parce qu’il s’agit bien de la naissance du divin Instant en nos cœurs.
Yahne Le Toumelin,
artiste-peintre |
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"La Terre est un être vivant" par Lionel Tardif [20 janvier 2009]
Lorsqu’on regarde un beau ciel étoilé on sait que les lumières si brillantes de certaines étoiles n’ont plus leur source depuis longtemps.
Et pourtant, leur rayonnement est toujours là. Nous sommes dans notre présent et le passé nous interpelle.
Ces lumières sont sans doute encore habitées par des vies, des civilisations disparues qui grâce aux distances incroyables qui nous séparent d’elles nous permettent encore de communiquer avec elles.
Des particules vivantes, provenant de l’espace arrivent constamment sur notre planète et y survivent. Certains scientifiques pensent que le développement de la faune et de la flore a été guidé par ce qui est survenu à la terre dans le passé et par les matières vivantes venues du cosmos. Et si la vie n’avait pas commencé sur Terre s’interrogeait voici une trentaine d’années Fred Hoyle ?
Passé, présent, futur sont des interrogations fondamentales qui taraudent les esprits depuis les grecs et aujourd’hui plus que jamais avec les physiciens quantiques. Les recherches sur les « supercordes » selon lesquelles il existerait au moins neuf dimensions supplémentaires dans l’espace nous transportent vers des interrogations vertigineuses. Selon cette théorie, les particules qui forment l’univers, les électrons, les protons…ou les particules qui les composent ne sont pas des petites boules mais des choses allongées comme des cordes très fines et qui vibrent constamment. Le temps lui-même est formé de cordes comme n’importe quel autre objet. Et les cordes de temps peuvent s’ouvrir pour nous donner des images venues du passé.
Chaque fois que nous regardons le ciel nocturne nous reculons de milliers d’années. De ce fait le passé constitue notre présent il nous accompagne toujours comme un fantôme. Par exemple, la crucifixion du Christ ou l’assassinat de César restent enregistrés pour toujours dans les particules de lumière que reflétèrent les deux scènes dans la réalité du passé. Car les cordes de temps s’enroulent autour des particules de lumière comme des cercles du tronc des arbres autour de leur centre.
Comme il n’y a pas de marche arrière possible, le temps ne peut aller que vers l’avant, vers le futur. Aussi, passé et présent liés à jamais nous précipitent en avant et décident de nos vies et peut être de nos morts.
Ce langage savant de la science a été à toutes les époques de notre histoire su par certains humains intuitifs et par les grands mystiques de la vie de la Terre, de Gaïa.
Car Gaïa depuis les grecs est une divinité personnifiant la Terre mère. Unie à Ouranos, elle donne naissance aux titans, aux cyclopes et aux monstres marins.
Pour le savant anglais James Lovelock, Gaïa renoue avec la mythologie celle de la Terre considérée comme un être vivant.
Gaïa est considérée ici comme un seul être immense. Elle porte notre existence depuis prés de quatre millions d’années. Cet îlot où nous sommes perdus dans un système solaire où des planètes, des corps et des astéroïdes aux températures épouvantables ne sont que des enfers ; nous pulse et donne la vie dans ce petit coin de l’univers.
J’ai rencontré au cours de mon existence deux êtres humains remarquables qui pouvaient affirmer que la théorie de Lovelock sur Gaïa n’était pas une vue de l’esprit.
L’un s’appelait Russel Schweickart. En 1969 cet astronaute américain pilota le module lunaire au cours de la mission Apollo IX et il fut le premier homme à sortir dans l’espace et à faire le tour de la lune accroché au bout d’un filin.
Pendant les quelques jours que dura le colloque où je l’avais invité en 1988, je l’observais du coin de l’œil. Je m’aperçus que cet homme n’était plus tout à fait avec nous. Il était plus loin, ailleurs, sans doute déjà dans le futur. Ses yeux d’un beau bleu brillaient d’une lueur différente. Ce qu’il avait vu de là haut et ressenti, aucun d’entre nous n’avait eu l’occasion de le vivre. Voici ce qu’il nous a dit : « La Terre est notre demeure. Elle est (de la haut) d’une beauté époustouflante dans le noir profond de l’infini. J’ai eu cette soudaine prise de conscience de la relation de parenté qui nous lie à tous les êtres vivants sur cette planète étonnante. La voir depuis l’espace fait dépasser au sentiment qui nous étreint, le cadre de l’intellect, pour nous toucher au plus profond de nous même. Je prenais conscience de l’importance de protéger notre planète-mère».
Car de là haut, Schweickart avait vu, au-delà de l’émotion ressentie de la Terre en tant qu’entité, comme elle était malade par la faute des humains.
Deux années plus tard, je reçus dans le même symposium le cosmonaute russe Alexandre Volkov, chef de l’équipage de la fameuse Station Mir. Il resta un an dans l’espace en état d’apesanteur. Lui non plus n’était jamais vraiment redescendu sur Terre. Ce qui est surprenant c’est que le même regard que celui de Schweickart l’habitait. Je me souviens de cet homme au printemps, au pied de la très belle abbaye de Fontevrault où le colloque se passait ; il méditait seul, assis sur une chaise dans un champ de pâquerettes. Comme il était loin, bien loin de nous, il nous disait que d’en haut « les nuages rosissent et leurs crêtes ressemblent à des chevaux de contes de fées ».
La quarantaine d’astronautes et de cosmonautes qui ont vécu l’espace ont presque tous eu de grandes difficultés de réadaptation auprès de leur famille. Ils avaient vu plus loin et rêvaient pour la plupart d’aller explorer d’autres planètes et au-delà du système solaire dans d’autres galaxies. Ils étaient déjà dans le futur. Mais la Terre était la matrice.
Ce fut Schweickart qui fonda à son retour sur Terre l’association des explorateurs de l’espace, association indépendante, internationale et non gouvernementale.
Voici quelques propos de ces pionniers de l’infini.
Parlant de la Terre vue de la Lune, James Irwin déclarait : « Ce bel objet chaud et vivant était si délicat, si fragile, que si on l’avait effleuré du doigt il se serait brisé et répandu en miettes. Quand un homme voit cela, il ne peut qu’être transformé, il ne peut que mesurer ce qu’est la création et l’amour de Dieu ».
Quand à Edgar Mitchell marchant sur la lune et assistant à un lever de Terre il s’exclama : « Soudain de derrière la lisière de la lune, en longs et lents instants d’une grande majesté émerge un éblouissant joyau bleu et blanc, une légère et délicate sphère bleu ciel brodée de voiles blancs qui tourbillonnent lentement, s’élevant par degrés comme une petite perle dans une lourde mer de noir mystère. Il s’agit de la Terre, notre demeure. Je regardais notre planète comme si j’avais entraperçu la divinité même ».
Alexandre Alexandrov qui la voit d’un des hublots de Mir déclare « quelque soit le pays vers lequel on regarde, nous sommes tous les enfants de la même Terre et nous devons la traiter comme on traite une mère ».
Mitchell encore « redescendant sur Terre » résume l’essentiel : « en traversant prés de 400 000 kilomètres d’espace, j’ai brusquement ressenti que l’univers est intelligence, harmonie et amour ».
Pour conclure, j’aimerais rapporter quelques paroles d’indiens d’Amérique qui célèbrent si fort la Terre et entrent parfaitement en résonance avec les premiers pionniers de l’espace. Ainsi Hin Moh Too, chef des nez percés disait : « La Terre et moi sommes du même esprit, la mesure de la Terre et la mesure de nos corps sont les mêmes. Mais j’ai jamais dit que le Terre était mienne, le seul qui ai le droit d’en disposer est celui qui l’a créée ».
Et un chef Pied Noir répondait au colonisateur blanc « Tout ce que nous avons et que vous pouvez emporter nous vous le donnerons mais la Terre jamais ».
Regardez les étoiles le soir, déposez un instant vos souffrances, même vos joies terrestres, et concentrez vous vers elle. Le message qui y est écrit vous prépare à un rapprochement avec le créateur.
Lionel Tardif,
Cinéaste, réalisateur et écrivain.
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Interview de Fanny Abadi par le journal El Watan, Tlemcen - Algérie - Chahreddine Berriah
[9 novembre 2008]
« Malgré les paradoxes, nous pouvons être en harmonie avec le monde ! »
D’origine algérienne, psychothérapeute énergéticienne indépendante, auteure de plusieurs ouvrages, organisatrice de séminaires et congrès, Fanny Abadi exerce à Montpellier, dans le sud de la France.
Vous avez cheminé pendant des années au sein des séminaires psychanalytiques, travaillé dans des établissements spécialisés, offert vos services aux associations... En un mot, vous en sortez avec quelle idée sur la condition humaine dans un contexte de bellicisme, de haine et de rejet de l’autre ?
Si je choisis juste un mot, je choisis amour. Mais il ne faut pas confondre amour et affectif, ce sont deux concepts différents. Il n’y a pas noir ou blanc, vide ou plein, vie ou mort, amour ou haine, pouvoir ou soumission… Il y a noir et blanc, vide et plein, vie et mort, amour et haine, pouvoir et soumission… tout ceci existe dans notre monde. C’est dans le « ou bien », un raisonnement binaire qui limite la vision du monde, qu’effectivement peut se jouer le rejet, l’exclusion… Même si le monde est fait de paradoxes, de ses polarités nous pouvons choisir et être en harmonie avec le monde ; choisir l’amour, la paix, la guérison, la farha (joie et fierté dépourvue d’orgueil), ainsi nous pouvons continuer à cheminer sans exclure l’autre… bien au contraire. Le rejet vient souvent de ce que l’on ne connaît pas. L’être humain a du mal avec la différence, car il ne se connaît pas suffisamment lui-même, et bien souvent la peur finit par le dominer. Il me semble que la condition humaine découle de son essence même, charge à chacun d’en saisir les sens, le sens sans tomber dans l’insensé. Réaliser son spacieux et précieux temple intérieur et vivre la vie, sa vie et avoir la joie de pouvoir goûter au véritable partage.
Vous qui soutenez et supervisez de nombreux projets humanitaires, persistez-vous encore à croire que la thérapie de façon générale puisse se dresser contre les armes ?
Si les armes sont le mal, il appartient aux humains de s’en défaire. Si l’arme est une maladie et que la psychothérapie permet la conscience et la libération, le fléau serait donc l’inconscience et l’ignorance. Mais même dans ce sens, la psychothérapie ne se « dresse pas », elle peut permettre à l’humain de se redresser… un chemin de discernement, de distanciation et de lucidité... vers la paix de son monde intérieur par le corps, l’âme et l’esprit. La thérapie s’adresse à des personnes en souffrances physique et psychologique ; elle reste pour moi un moyen fondamental de pouvoir se retrouver, se guérir, se libérer, voire se trouver. Elle s’adresse donc aussi à ceux qui souhaitent se visiter, se sonder ; afin de se libérer des pressions et continuer à faire espace en soi… en recherchant la sérénité et la paix. Accepter d’être en vérité est une belle forme d’intelligence qui demande une grande maturité du cœur et du courage. Effectivement, je supervise plusieurs projets humanitaires, certains sont dans le cadre thérapeutique, d’autres dans l’événementiel interculturel. Il s’agit pour moi de tenter d’offrir un champ plus libre de pensées, d’actions individuelles, collectives et sociales en découvrant ses propres ressources, les ressources humaines et les ressources de la vie. Permettre d’ouvrir le cœur et la raison pour en extraire une substance suffisamment solide, une certaine conviction intime d’une prise de conscience éthique.
Vous avez fondé le Centre éthique d’accompagnement thérapeutique et énergétique – méthode Abadi – Vous m’excusez, mais à travers tous ces stages, séminaires et rencontres que vous organisez, le sentiment religieux semble présent. Ne craignez-vous pas d’être taxée d’organisation plutôt singulière que proprement scientifique ?
Dans le concept éthique méthode Abadi, il existe une préoccupation constante du respect de l’individu, du collectif et de son environnement dans l’objectif d’une conscientisation et d’un repère pour l’individu de son espace/temps et des systèmes de fonctionnements, afin qu’il puisse se reconnaître et reconnaître l’autre, les autres, se construire et construire durablement. La méthode Abadi concept éthique tient compte du processus énergétique. Elle est un ensemble fondé sur des connaissances, des observations, des expériences, des mises en pratique, des raisonnements et des confrontations théoriques. Elle engage l’idée implicite de son unicité, tant auprès du grand public que dans l’accompagnement en particulier. L’étude de la pratique de la méthode révèle une démarche précise et s’inscrit dans un processus en considération de la science, de l’éducation et de son évolution. De plus, il ne faut pas confondre religion et spiritualité. Le concept éthique méthode Abadi® tient compte de l’humain dans sa globalité avec une conscience de l’humanité et de son devenir, donc en considérant la personne avec sa particularité, sa culture et bien sûr son appartenance à une religion ou non. La spiritualité est intime à chacun, il me semble très clair que « chaque un » peut appartenir à une religion et collectivement se retrouver pour prier, méditer, travailler et avancer avec l’autre, ensemble, c’est le partage du cœur dans l’expérience spirituelle. Je rends grâce, car ces moments forts sont nombreux et pour moi essentiels pour notre vie future. Il serait illusoire et peut-être même néfaste de vouloir nier, voire exclure la spiritualité du monde actuel.
Décembre prochain, vous organiserez à Montpellier un congrès interculturel où plusieurs sommités scientifiques, culturelles et même religieuses sont invitées. Quels en sont les objectifs ?
Cette première édition du congrès, ouvert à la richesse des différences par les échanges interdisciplinaires et le partage interculturel et interreligieux, réunit des représentants des différentes disciplines : des scientifiques, religieux, philosophes, médecins, biologistes, neurologues, anthropologues, psychologues, psychanalystes, éducateurs, ostéopathes, réalisateurs, cinéastes, journalistes et des artistes. Je suis profondément soucieuse de la condition des êtres et engagée depuis de nombreuses années dans des actions vers les plus démunis en France et à l’étranger. J’ai donc souhaité ce congrès ouvert sur le monde dans une dynamique de paix, d’échange et de partage. Je n’ai aucune prétention, mais une grande conviction à croire que les êtres sont différents et que cette différence peut être une richesse que nous pouvons cultiver ensemble. Il s’agit de pouvoir dans un même lieu exprimer, conjuguer, écouter, partager… Par la qualité et la présence des intervenants, je souhaite de tout mon cœur apporter une étincelle de conscience, de vie, un espoir dans l’action, une action doublée de grâce, en toute humilité pour nos enfants et notre Terre. Je dédie cet évènement à tous les enfants de la planète. À l’occasion de ce rassemblement, est organisée une exposition artistique et certaines des œuvres offertes par les artistes seront vendues aux enchères. L’argent récolté par l’association Action éthique humanitaire, que j’ai créée cette année, mettra en place des actions d’aide pour les enfants au Vietnam, au Tibet, au Maroc et en Algérie.
Inévitablement, on va revenir sur un épisode de votre vie où, étant psychothérapeute de la championne française Christine Aaron, après avoir été adulée par toute une nation, vous avez été descendue en flammes. On vous a endossé, avec une rare méchanceté l’échec de l’athlète. Un commentaire…
De nombreux pièges et paradoxes jalonnent le chemin du thérapeute dans sa pratique et je ne voudrais pas résumer mon parcours à la seule réussite ou non d’un individu. De plus, il existe une stratégie inconsciente et collective du paradoxe. Désolée, mais les médias en sont les porteurs puissants. Ils activent tout autant une chance formidable d’ouverture au monde qu’un drame enfermant. Les « mal intentionnés » utilisent encore cette histoire pour poser du doute. Mais de ceux qui m’ont décriée, personne ne m’a confrontée directement. Aujourd’hui, certaines personnes préféreront cliquer sur mon nom pour y voir apparaître la méchanceté ou l’ignorance, les fausses affirmations ou insinuations provenant d’une seule et même accusation. Internet semble indélébile et ceux qui ne regardent que la surface des choses peuvent avoir un a priori facile, juste du fait qu’une personne médiatisée s’est ainsi défoulée de sa propre frustration. Il existe une véritable stratégie de diversion qui fait appel à l’émotionnel plus qu’à la réflexion constructive, elle maintient le public dans l’ignorance, l’erreur, le doute et la bêtise, tentant d’anéantir l’identité première. Les journalistes, qui voulaient en avoir le cœur net et réaliser un vrai travail d’information sur ma pratique, comme ceux de Libération, de Midi Libre, de la Gazette ou d’El Watan… par exemple, sont venus me rencontrer et ont fait des articles bien plus sérieux sur mon parcours et mon travail. A mon sens, seules la conscience et la responsabilité permettent de lutter contre une manipulation diffuse qui capte l’attention du public loin des véritables questions et problèmes sociaux. La raison principale de ma présence dans le sport de haut niveau réside dans le fait qu’il m’apparaît qu’au travers des grandes manifestations sportives, les êtres humains semblent chercher à célébrer la vie et l’espoir de se retrouver en soi et avec les autres, de s’unifier et même de tenter de trouver une identité singulière puis collective. Un travail individuel et collectif dans ce domaine tient compte justement de la puissance mobilisatrice du rite comme force universelle. Face à cela, il appartiendra à chacun d’être certain de l’authenticité et de l’honnêteté de son engagement et de son action.
Après avoir sillonné le monde, votre souhait est d’aller dans le désert algérien. Ce serait intéressant après quarante ans loin de l’Algérie...
Une si longue traversée, un chemin, une vie, ma vie. Effectivement, je suis née en Algérie, j’y ai vécu 7 années d’amour, de tendresse et reçu une belle transmission du cœur et de l’âme. Un réel passage initiatique… Mes travaux et mes recherches ont toujours mis en exergue cette double culture et j’ai pu partager avec l’Occident une belle part de l’Orient. Ce mélange qui se diffuse des jardins mystérieux. Ces odeurs, ces douceurs qui vont jusqu’à faire frissonner la chair et, par les métaphores, faire vibrer les mots, les sons de cette langue si subtile et raffinée. L’essentiel de cette traversée est d’avoir gardé mon enfant intérieur libre et joyeux pour transmettre la force de vivre et d’y croire. Il s’agit d’une histoire d’amour, de cœur, et d’âme à âme. Même si l’histoire reste symbole de son édifice, Pour moi les âmes et les cœurs n’ont pas de frontière pour s’unir et/ou grandir.
Vous avez créé plusieurs mots conceptuel liés à votre méthode et pratique. Peut-on connaître votre définition de ce nouveau mot sensabilité ?
L’âme implore l’esprit de la délivre, car l’amour n’est pas possession. C’est l’union transfiguratrice par laquelle découle une très vive intelligence, fruit du mystère de la liberté où l’extase, forme suprême de l’amour, devient un refuge précieux et délicieux d’où la nature humaine peut émouvoir les sens et l’imagination sans se perdre. Ainsi naît la sensabilité. Je définis la sensabilité, une des bases essentielle de ma méthode, comme l’ensemble des phénomènes interactifs du psychisme, des cellules, de l’éthérique entre l’espace extérieur et l’espace intérieur touchant l’énergie du tout : l’être et son environnement. La sensabilité est un phénomène de perceptions extrasensorielles post-cognitives, clairvoyantes et pré-cognitives. Un ensemble d’informations reçues et ressenties dans le corps par ce que l’on appelle communément le 6e sens. La sensabilité saisit tout le corps (charnel, éthérique, âme) par l’esprit (souffle). Elle peut être l’interaction entre la psyché, le cœur (centre énergétique) et son influence sur la matière, une connexion forte avec les 5 sens. La sensabilité est un processus énergétique ; elle est a la fois 6e sens et à la fois l’amplificateur de chacun.
Par Chahreddine Berriah, journaliste
El Watan
http://www.elwatan.com
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L’Avenir de l’Humanité par Michel Bon [28 août 2008]
Cette question que Pierre Teilhard de Chardin, prêtre catholique et paléontologue, mystique et membre de l’Académie des Sciences, se posait dès la guerre de 1914, est encore plus fondamentale avec l’accélération exponentielle de l’évolution qu’il constatait. C’est le sens de la vie de l’humanité et c’est une dimension du sens de la vie de chacun de nous. L’humanité c’est nous tous, vivants, morts et à naître. Elle a sa dynamique propre de complexité-conscience l’amenant au point Oméga, et chacun de nous a à faire la même évolution.
Une parabole hindouiste millénaire va nous montrer où chercher. Les dieux se demandèrent où cacher la divinité de l’homme pour ne pas perdre leur propre pouvoir. Les uns proposent de la cacher au fond des océans, d’autres sur la lune. Mais Brahma leur dit : un jour les hommes iront au fond des océans, un jour les hommes iront sur la lune... et ils trouveront leur divinité ! » Cela c’est d’ailleurs réalisé au XXème siècle... Et Brahma conclut : «Cachons la divinité de l’homme au fond de lui-même, il ne la cherchera pas là ! »
Et pourtant c’est ce que ont fait certains chercheurs de l’être essentiel : les mystiques de toutes les religions comme hors des religions :
- La transe chamanique dite de possession où le moi a lâché les commandes.
- Le Tao des taoïstes.
- « Tu es Cela » des hindouistes.
- Notre Nature de Bouddha (ou la Vacuité) dans le bouddhisme.
- « Je suis Celui qui suis » de Jésus.
- « Celui qui se connaît, connaît aussi son Dieu » (Hadith du Prophète Mohamed).
- L’expérience du Soi vécue et décrite par Jung.
- L’expérience transpersonnelle vécue et décrite par Maslow : il peut arriver à chacun de la vivre dans le domaine mystique ou amoureux ou artistique ou scientifique...
- L’expérience de la mort (NDE ou EMI) dont témoignent ceux qui en sont revenus, depuis Er cité par Platon jusqu’aux milliers de contemporains après que le Dr Moody ait brisé le silence et qui peut être vécu, sans mort clinique, avec ma méthode du Rêve Eveillé Accompagné de la Mort.
La nature humaine est la même chez tous les hommes ; elle transcende l’histoire, l’économie, les cultures, les religions. Elle est notre Centre qui est Le Centre.
Quelques soient nos déterminismes et nos chemins si nous gravissons la montagne nous atteindrons tous son sommet unique, l’expérience individuelle qu’on dise de non-dualité (Orient) ou d’Unité (christianisme, Islam). Sur le plan de l’humanité c’est le Point Oméga.
Plus chacun de nous sera Centré plus nous approcherons du Point Oméga.
Le salut de l’humanité passe par la réalisation du plus possible d’êtres humains en commençant par nous-même.
Agir sur soi sans l’excuse d’attendre le voisin est la base fondamentale de la réalisation de l’humanité. L’ermite dans le désert qui s’efforce à sa réalisation n’est pas un asocial mais en travaillant sur lui il travaille pour tous, même s’il n’en revient pas. Le bouddhisme zen montre qu’après avoir atteint l’illumination on revient « sur la place du marché » et que l’on passe inaperçu, tout en étant le levain dans la pâte. Maslow fait la même constatation avec les personnes qui ont vécu des expériences transpersonnelles. Et pourtant elles sont radicalement changées, ayant atteint le bonheur : elles acceptent ce qui est et en voyant le positif en toute chose, non par inaction, mais en trouvant ainsi l’action adéquate (le non attachement bouddhiste).
Ce bonheur s’enracine dans :
- l’amour : amour de soi, amour de l’autre, amour de plus grand que soi (Teilhard)
- la sagesse : voir les choses telles qu’elles sont, dans leur nature profonde, dans leur être et non-être.
Sagesse et amour sont les deux côtés inséparables de la médaille ; tout déséquilibre entre ces deux pôles entraîne une catastrophe.
Leur union conduit au contraire à l’action « juste » (le noble sentier octuple du bouddhisme), l’action juste avec détachement du résultat.
On croit à tord que les musulmans sont fatalistes en disant qu’il feront ceci « Inch Allah », « si Dieu veut » s’il y a la baraka (grâce) divine. Mais c’est au contraire cela l’action juste, à condition de ne pas tricher et de ne pas remplacer Allah par son petit ego !... C’est facile de se rendre compte de cette universalité de l’action juste en comparant l’attitude musulmane aux explications hindouistes et bouddhistes. Dans la Baghavat Gita, le dieu Krishna prépare Arjuna sur son char de guerre à la bataille : il doit faire tous les efforts possibles pour gagner : c’est sa responsabilité ; mais le résultat dépend non de lui mais de la grâce. Par une voie différente les samourais zen arrivent à la même conclusion et ont une action efficace par ce que détachée du résultat. Agir dans le non agir « wu wei » disent les taoïstes. En termes jungiens c’est le Soi qui dirige l’action du moi et non l’ego.
Vous pensez peut-être que ce sont des utopies idéalistes bien loin de la réalité de l’action politique. Il n’en est rien. La nature humaine avec le développement personnel et transpersonnel, base scientifique et expériencielle de ces réflexions, est une réalité et non une utopie. Elle est la source éthique de l’action individuelle et collective. Voici deux séries d’exemples d’évolution politique concrétisées par des lois.
Dans un premier temps j’ai été le témoin et très modestement l’acteur de certaines évolutions en France depuis presque un demi siècle :
- Le passage du seuil irréversible de l’idée d’Europe aux élections présidentielles de 1965 avec les campagnes de Mitterand et de Lecanuet.
- Le passage du seuil irréversible de l’idée de libération (mentale, sexuelle..) et de réalisation de soi avec mai 68 (cela je ne l’ai pas vécu vivant alors au Maroc)
- Le Mouvement de Libération de la Femme que j’ai vécu par l’intermédiaire de mon épouse, membre du groupe des « sorcières ». L’humanité ne peut évoluer sans que la femme partage le pouvoir avec ses valeurs d’amour et il y a encore un gros travail d’évolution psychologique de la société. Un simple exemple au Maroc de 2007 : aucune femme candidate et donc aucune élue sur les listes régionales aux élections législatives. Sa Majesté Mohamed VI a ajouté une liste nationale dans laquelle il a imposé la présence de femmes devenues députées. Pour la première fois une femme est devenue présidente d’un groupe politique à l’assemblée nationale, et pas du moindre, celui du plus grand parti auquel appartient le premier ministre. Au Maroc il est plus facile à une femme de devenir ministre (nomination) que député !...
- La loi de Simone Weil autorisant dans certaines conditions l’avortement comme un moindre mal.
- Le mouvement écologiste qui a franchit le seuil de non retour aux élections municipales de 1974 (ou environ) avec des scores avoisinant les 10 %.
- La loi Badinter supprimant la peine de mort.
- La création des aumôneries musulmanes et bouddhistes des prisons dans les années 90.
- Le Pacts de Solidarité pour les personnes ne pouvant pas ou ne voulant pas se marier et applicable à deux adultes de même sexe ou de sexe différent. Il a non seulement un avantage pratique de solidarité mais la reconnaissance légale implicite des couples homosexuel sans loi spécifique à une minorité. Il a fallu 10 ans de travail pour que le projet aboutisse et accepter la non résolution de la question des enfants refoulée par l’opinion publique. Or en France il y a trois centaines de milliers d’enfants qui ont un parent homosexuel (le plus souvent bisexuel).
J’ai fait passer à l’abbé tibétain du monastère bouddhiste de Nalanda un questionnaire sur la bioéthique pour le Conseil de l’Europe qui enquêtait sur les positions des différentes religions. Le moine français qui servait de traducteur posa la question : « Un couple de femmes peut-il avoir recours à l’insémination artificielle pour avoir un enfant ?». Le lama a répondu « Oui si elles s’aiment et si elles aiment l’enfant ». Le traducteur n’en croyait pas ses oreilles et a répondu « Mais Gueshela, vous n’avez pas compris, ce sont deux femmes, pas un homme et une femme ! ». Et le lama a assuré qu’il avait compris et a redit sa réponse spontanée.
Cet exemple montre que pour un être spirituel l’amour est toujours supérieur à la morale sociale et culturelle. La morale est une loi subjective relative, souvent non écrite, pouvant varier d’une culture à l’autre, alors que l’éthique basée sur la nature humaine est universelle et objective, et exprime la sagesse et l’amour.
Sur le plan mondial on peut citer au vingtième siècle nombre de leaders politiques aux positions éthiques qui sont arrivés plus ou moins rapidement à faire triompher légalement leur juste cause.
- L’Emir Ab El Kader, grand mystique soufi, chevalier des temps modernes dont les actions ont finalement abouti à l’indépendance de l’Algérie
- Le Pasteur chrétien Martin Luther King qui est arrivé de façon non violente à éradiquer juridiquement le racisme des USA.
- Gandhi, nourri par sa spiritualité hindouiste est arrivé par la non violence à obtenir la l’indépendance de l’Inde, mais il n’est pas arrivé à ce que musulmans et hindouistes arrivent à vivre ensemble.
- Sa Sainteté le Dalaï Lama, chef d’Etat d’un pays occupé depuis un demi siècle prône la non violence pour obtenir de la Chine le respect du peuple tibétain et une certaine autonomie. Il vient de souhaiter à la Chine, qui occupe son pays, le succès des Jeux Olympiques. Il n’a pas encore obtenu beaucoup de résultats.... Et pourtant malgré sa lourde tâche, son cœur, plein de joie et d’amour le fait rire constamment comme la plupart des lamas tibétains, comme les enfants heureux.
Dans quatre religions différentes ces êtres d’exception, soutenus par leur spiritualité, ont, avec amour, sagesse et patience, influencé le cours de l’histoire de façon éthique. Il y a parmi eux une majorité de Prix Nobel de la Paix mais ils ont tous finis en martyr : en exil ou assassinés.
Remarquons que l’exil et l’assassinat, légal ou non, est souvent aussi le lot des mystiques sans qu’ils aient besoin d’être des leaders politiques. Moïse a fui l’Egypte. Socrate a été condamné à l’exil ou à boire le poison. A la même époque Sakyamouni, le futur Bouddha, s’est exilé volontairement. Jésus a été condamné à mourir sur la croix. Les martyrs chrétiens dans l’antiquité romaine ont formé une légion de saints. Le grand mystique musulman, Hallaj après 8 ans de procès a été condamné à mort et lui aussi crucifié à Bagdad au VIIIème siècle de notre ère. Teilhard exilé en Chine puis aux USA par le Vatican est mort à New-York le jour de Pâques d’une crise cardiaque comme il avait écrit le souhaiter un an auparavant, mais un demi-siècle après il n’est pas encore canonisé... Décidément les sociétés n’aiment pas, du moins de leur vivant, ceux qui ne sont pas dans le moule du conformisme social de la médiocrité.
Il reste bien des causes urgentes et en particulier :
- La sauvegarde écologique de notre planète.
- Les droits de l’enfant (santé et éducation avec l’éradication de leur travail ou de leur prostitution).
- L’éradication de la violence collective (guerre, bureaucratie d’Etat, exploitation, conformisme social...).
- La cause qui vous tient particulièrement à cœur compte tenu de votre histoire, de votre personnalité, de la largeur de votre champ de conscience, de votre besoin de spécialisation, de la limitation du temps....
Mais la loi nationale ou internationale, aussi nécessaire soit-elle, n’éradique pas dans les coeurs le manque d’amour et de sagesse. Chaque enfant qui naît a à faire son propre et unique chemin vers la maturité.
Le dépassement de l’ego exige le dépassement de nos déterminismes et de nos auto-mutilations et auto-limitations dans une vision
translogique (au-delà de la logique binaire des oppositions: oui ou non, vrai ou faux, pour une logique ternaire, à la fois yin et yang)
transdisciplinaire (au-delà des spécialités : sciences de la nature, sciences humaines, arts, spiritualité)
transculturelle (au-delà des cultures de chaque pays et des sous-cultures existant dans chaque pays)
transpersonnelle (au-delà du moi, le Soi dirige, communique et communie)
transreligieuse... (au-delà des formulations, des langues, des croyances, des lois, des morales, des dogmes, des lois divers et contradictoires, dans le vécu de l’expérience mystique à la fois universelle et unique pour chacun, dans l’universalité de l’amour, de la sagesse et de l’éthique. Cela n’exige pas d’abandonner sa religion mais d’atteindre son noyau universel.)
Teilhard disait « Tout ce qui monte converge » : c’est le lieu de sagesse et d’amour où on peut véritablement retrouver l’autre, retrouver les autres, retrouver l’Autre. Et « L’union différencie, l’union personnalise», synthèse paradoxale de la personne unique et de l’universel. Le bouddhisme illustre bien ce paradoxe ou tous les Bouddhas ont pleinement réalisé l’unique Nature de Bouddha (Unité, Non-dualité) et ont en même temps leur personnalité (nom, couleur, fonction principale...) venant de leur chemin personnel absolument original et unique (sans semblable).
En me construisant moi-même j’aide l’autre et l’humanité entière à se construire. En m’élevant énergétiquement (énergie subtile et amour) j’élève énergétiquement le niveau de la planète. Je suis responsable de l’avenir de l’humanité mais je n’en suis pas écrasé et je porte et rayonne la joie intérieure. Michel Bon
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